Il y a les nouveaux riches et… les nouveaux parisiens.
Finalement, ce sont un peu les mêmes.
Des mecs qui ne viennent pas du milieu dans lequel ils atterrissent et qui essaient d’en faire encore plus que les autres.
Le nouveau riche sera toujours plus arrogant que l’initial, il en mettra encore plus à la vue que les autres et achètera une ferrari, mais pas n’importe quelle Ferrari… Le nouveau riche, il achète une Ferrari jaune.
Bah le nouveau parisien, c’est pareil. Il ferme sa chemise un bouton de plus que le vrai parisien, a une moustache quand le vrai parisien a une barbe, et se déplace en fixie quand le parisien est en scooter.
Le mec avec sa petite moustache, sa casquette PIgalle et son sweat Brooklyn We Go Hard que vous voyez au comptoir de l’Inconnu, il n’est sûrement pas né dans le 19ème… Non, à 92%, il vient de Montpellier.
Le lillois ou le nantais nouveau parisien, il est détente. Serein. Il en fait pas des caisses.
Mais le niçois ou le montpelliérain “nouveau parisien”, il se sent obligé d’aller prendre l’apéro chez Jeannette et de passer son vendredi soir à la soirée du Bonbon au Bus, le guide du routard du nouveau parisien.
En fait, le nouveau parisien, c’est la cagole du Hipster.
TweeterAgé de 25 à 35 ans, le Bomeur fait partie de cette génération qui a entendu ses parents lui répéter à longueur de journée « sois prudent ».
« Tu veux faire une école de ciné ? Ouais mais bon, sois prudent, tente la fac de droit, tu verras après»
« Tu veux être graphiste ? Mais graphiste, tu ne trouveras pas de boulot, sois prudent, fais une prépa HEC ».
« Tu veux faire de la télé ? Mais la télé chéri, y’en a 1 sur 1 million qui réussit, sois prudent, fais Dauphine, assure tes arrières, et tu verras après ».
Pour ses parents issus d’une génération qui s’en sortait déjà pas mal avec un bac en poche, faire des études jusqu’à obtenir un Bac+5, c’était l’assurance de voir grandir leur gosse en l’ayant mis sur la bonne voie.
C’est vrai que pendant ses études, le Bomeur n’imaginait pas une seule seconde se retrouver un jour au chômage.
En cours, ses professeurs lui parlaient de « postes à responsabilité chez L’Oréal, de marketing, de relation client,… »
Pour lui, le chômage, c’était ce qu’il voyait dans les films français : Karine Viard qui voit son usine fermer et qui se retrouve avec ses 3 enfants sous la pluie pendant plus d’une heure trente d’angoisse.
Bien loin de ce que ses parents et ses professeurs lui promettaient.
Sauf que le Bômeur, avec son Bac+5 en main, s’est finalement retrouvé sur le carreau 4 ans après la fin de ses études.
Du coup, le « sois prudent » de la génération du dessus sonne bizarre.
« Putain, je me suis fais chier à faire les études que je ne voulais pas faire à la base, pour finalement me retrouver au chômage comme tout le monde ».
La créativité et la prise de risque sont rarement récompensées durant les études (à part quand le Bomeur ne révisait qu’un chapitre sur 12, et qu’il choppait un 16 grâce à un coup de cul).
Pourtant, cette nouvelle génération de chômeurs décide dès sa première rencontre avec « lameufdepolemploi », de faire à présent ce qu’elle voulait depuis le début.
Fini le « sois prudent ».
Les Bomeurs décident généralement que leur première année de chômage va leur servir à prendre des risques :
« En ce moment, je monte ma boîte de prod »
« En ce moment, je monte une start up »
« En ce moment, je monte ma galerie »
« En ce moment, je suis sur un programme court »
Il y a deux interprétations à ce que vous voyez en passant devant la terrasse de Chez Prune un mardi à 15h en vous rendant à votre « rendezvousclient ».
La première, qui saute aux yeux : « bordel, y’en a du monde dehors en pleine journée, mais qu’est ce qu’ils foutent les gens sérieux ? »
Mais si vous vous intéressez un peu à la discussion qui a lieu, vous serez étonnés par la place que prennent « l’avenir et les projets» dans les discussions de Bomeurs.
Ca échange, ça prend le temps de murir la réflexion, ça fait un pas en arrière pour en faire deux en avant au prochain Perrier Menthe.
Ca se donne des coups de mains « Mec, tu peux me faire un logo pour ma nouvelle agence steuplait ? » « Mec, t’as pas une idée de buzz pour le lancement de ma marque de fringue ? » « Mec, tu connais pas des investisseurs prêts à mettre un peu d’argent dans ma start up ? »
Les Bomeurs ne savent pas encore si leur année de prise de risque « contrôlée » grâce à la présence d’un salaire ASSEDIC à la fin de chaque mois va être récompensée.
Mais dans le doute le plus profond, les Bomeurs se rappellent le fameux « sois prudent » de leurs parents qui ne leur a pas du tout permis d’être épargnés par la crise.
Il y a quelques temps le « Jeunes de France, barrez vous » faisait grand bruit.
Une belle connerie.
« Jeunes de France, prenez des risques » !
Vous avez un an ou deux pour tenter votre chance. Vous aurez plus tard le temps d’envoyer vos CV aux boîtes que vous détestez mais qui vous assureront un salaire minimum… le dégoûtant « job alimentaire »
Le « sois prudent » des parents est révolu.
Peut-etre que dans 30 ans, un autre gamin écrira que le « prends des risques » de ses parents l’a mis dans la merde, mais vue celle dans laquelle nous sommes en ce moment, il ne pourra pas vraiment nous en vouloir.
TweeterQuand le Bomeur se retrouve en couple, il se rend vite compte de certains problèmes d’incompatibilité niveau timing.
Tous les matins, c’est le même rituel.
Le réveil sonne de loin.
Le Bomeur ouvre l’oeil une première fois… puis le referme.
La deuxième fois qu’il ouvre l’oeil, sa copine a déjà un café dans les mains.
La troisième fois, elle est habillée et finit de se maquiller.
La quatrième fois, elle l’embrasse pour lui dire aurevoir.
Une seconde de sommeil dans la tête du Bomeur à ce moment là doit correspondre à environ 17minutes dans la vie réelle.
Lui (étalé sur le lit, elle à la porte, prête à partir) : “Bonne journée!”
Au bout de 4 mois de “bonne journée”, la vérité éclate.
Elle avant de claquer la porte : “il est tout pourri ton Bonne Journée”.
Quel que soit le ton employé, quelque soit la fille, et quelque soit le Bomeur, le “Bonne Journée” d’un mec affalé sur son lit à 10h du mat avant qu’elle aille bosser sonne forcément mal.
La cinquième fois où le Bomeur ouvre l’oeil, il est 12h36.
“Et merde, l’angoisse”
Le Bomeur se pose vite des questions.
“Putain, est ce que je peux lui dire que je viens de me réveiller ?”
“Jpasse un peu pour un looser là”
“Merde, qu’est ce que je vais lui raconter ce soir, faut que j’invente de nouvelles idées et de nouveaux projets”.
Le soir, le problème de timming revient vite.
22h02. Le Bomeur veut aller boire un verre.
22h03. Fin de la discussion, “on ne prend pas l’apéro à 22h un lundi”.
22H37. La meuf du Bomeur commence à fermer les yeux.
23h04. Le Bomeur rigole très fort devant la télé pour la réveiller.
00h10. Le Bomeur tourne en rond dans le lit.
Lui : “Putain, je suis pas fatigué le soir, c’est horrible”.
Elle : “bah réveille toi à 9h déjà, et tu verras que le soir ce sera pas la même chose”.
Lui : “…”
Elle : “Bonne nuit”
Lui (dans sa tête) : “il est tout pourri ton Bonne nuit”.
TweeterPire que la radiation de Tchernobyl.
La radiation Pole Emploi. Se faire virer de Pôle Emploi. C’est chaud quand même de se faire virer d’un truc pour les gens qui n’ont pas de travail. C’est abstrait comme situation.
Le Bomeur : “Mais putain, j’ai pas vu vos convocations à un entretien moi !”
Lameufdepolemploi :”Ah bah oui Monsieur, pourtant vous avez reçu des courriels dans votre espace personnel sur pole-emploi.fr”
Le Bomeur : “Mais de quoi tu me parles ? Quel courriel sur mon espacepersonnelbordel ? Tu peux pas me faire un event facebook pour quand j’ai un rendez vous avec toi, m’envoyer un mail sur mon compte gmail, m’envoyer un tweet ? Non, toi faut que tu m’envoies un courriel sur ma messagerie personnel, comme si j’avais que ça à foutre :
ahhhhh, alors, voyons voir aujourd’hui si j’ai pas reçu un ptit courriel de Pôle Emploi… Ouuuuuuais, il m’a écrit ! T’es pas la meuf dont je suis fou amoureux bordel, je suis pas en attente de ton appel ou de ton texto”
Le Bomeur ne va sur pôle-emploi.fr que pour s’actualiser.
“S’actualiser”, c’est les 4 clics les plus chers de l’histoire d’internet.
Un coup par clic bien loin du tarif de google adwords.
Tout Bomeur connait le “non/non/non/oui” :
“Avez-vous travaillé ce mois ci ? Non”
“Avez-vous été en arrêt maladie ? Non”
“Avez-vous perçu un pension d’invalidité ? Non”
“Etes-vous actuellement à la recherche d’un emploi ? Oui”.
BAM. VIREMENT.
Lameufdepolemploi : “Bah oui monsieur mais vous êtes radié”.
Le Bomeur “Et donc je fais quoi ?”
Lameufdepolemploi : “bah faut écrire une lettre au directeur de l’agence Pôle Emploi”.
Le Bomeur : “quoi une lettre ?”
Lameufdepolemploi : “bah vous prenez une feuille blanche et un stylo, et vous écrivez les raisons pour lesquelles vous n’étiez pas à votre rendez-vous”
Alors déjà le Bomeur n’a plus de feuilles dans son cartable depuis sa 2de B au Lycée Pablo Neruda.
22 février 1999, en chuchotant : “Heyyyy…heyyyyyy, vas-y, heyyyyyy, steuplait Julie….heyyyy…donne moi une feuille steuplait”
Julie : “t’es lourd putain, t’as jamais de feuille”
Le Bomeur : “ouais, je sais, heyyyy, jte jure, jtachète un paquet de feuille la semaine prochaine” (Vas-y mais casse toi sale barre, donne moi une feuille, c’est tout)
Janvier 2012. Le Bomeur : “Bonsoir, excusez-moi, pouvez-vous me donner une feuille s’il vous plait, faut que j’écrive au directeur” (Putain mais c’est surréaliste comme question)
Feuille blanche.
Faut la jouer propre. C’est le directeurdelagencepoleemploiquandmeme.
“Putain, ça fait 2 ans et 3 mois que j’ai pas écrit quelque chose avec un stylo sur une feuille”
“Et Meeeeeeerde, j’ai écrit penché sur la fin”
Heureusement, le Bomeur n’est pas bomeur pour rien.
“ah mais je suis con, je crois qu’il y a le cousin d’un pote qui bosse chez Pôle Emploi…”
“Ouais allo, je voulais savoir, tu peux me mettre en +1 pour.. heu non, en fait je me suis fait radier, tu peux me filer un coup de main steuplait ?”
TweeterPour les nouveaux lecteurs, sachez qu’il y a également une fanpage:
Facebook.com/bomeur
Et
Twitter.com/lebomeur
Hahaha, ça vient d’arriver par La Poste.
Merci beaucoup pour ce cadeau, et Joyeux Noël à tous.
“Le Bomeur, un travailleur comme les autres…”
;)

Chez Jeannette, Mauri7, L’inconnu, et L’univers viennent de fermer.
FERMETURE ADMINISTRATIVE.
BAM.
Les Bomeurs sont attristés, et perdus. Ouais, perdus.
Où vont-ils pouvoir aller boire des coups ?
Se connecter à internet ?
Prendre un café pour entretenir leur réseau professionnel ?
Avoir une vie sociale ?
En fait, en fermant ces 4 bars, les bomeurs se retrouvent SBF.
“Ouais, mais bon, c’était le bordel aussi, jusqu’à 2h du mat”.
Ouais, bah à Paris, on ne peut plus fumer à l’intérieur, du coup, le bomeur fume à l’extérieur, du coup, on lui interdit de sortir avec son verre, du coup ,il s’autorise quand même le droit de parler avec ses potes.
Ces bars payent même des ChutMan, le mec qui te dit “chut” 20 fois en essayant de rester sympa avec toi alors que dès qu’il tourne le dos, tu recommences à parler plus fort avec tes potes.
Ces bars doivent déjà fermer à 2h, du coup, à 1h30, les lumières se rallument, et les clients doivent commencer à partir.
Paris, “La Ville Lumière”, est quand même la seule putain de ville au monde à s’éteindre aussi vite !
Malgré toutes ces contraintes que les gérants essaient de faire respecter au mieux, ces 4 bars viennent de recevoir une fermeture administrative, avec tout ce que cela entraîne en terme de perte de chiffre d’affaires.
Alors ok, faisons de Paris la capitale la plus chiante du monde.
Mais dans ce cas là, les Bomeurs ne doivent pas être les seuls à payer, si Paris devient chiant, ça va être chiant pour tout le monde.
L’ensemble des Bomeurs, plus à l’aise le soir qu’en matinée, demande donc de créer le concept de tapage diurne.
Tous les Bomeurs sont priés d’appeler la police pour chaque perceuse enclenchée à 8h00 du matin et pour tous les aspirateurs mis en route à 9h30.
Bah ouais, vous vous couchez à minuit, donc les gens qui parlent à vos fenêtres à 1h du matin ça vous emmerde.
Bah Le Bomeur se lève à 10h, donc les gens qui passent leur aspirateur à 9h, ça l’emmerde.
Entendre des gens rigoler entre eux, c’est quand même moins énervant que le bruit strident d’une perceuse ou d’un aspirateur au réveil.
Pour une répartition équitable de l’emmerdement de chacun, nous proposons donc un créneau, le 12h00-15h00 pour :
- écouter de la musique
- faire des travaux
- faire l’amour
- boire une biere en rigolant avec ses potes
- laisser pleurer son gosse
- passer l’aspirateur
En dehors de ce créneau, amendes pour tous les contrevenants.
En conclusion, les Bomeurs sont de tout coeur avec tous les gérants des bars cités plus haut, et avec tous ceux qui se voient remettre des contraventions pour les 12 personnes qui clopent dans la rue en rigolant.
TweeterUn mac, une table de mixage à 200 balles, et c’est parti.
Votre ami Bomeur se présente comme étant DJ. Ca lui donne une crédibilité sociale assez coolos (“putain mais il fait trop de truc ce mec, c’est trop cool”)
C’est pour ça que les invitations a des events Facebook de vos potes qui s’improvisent DJ se multiplient depuis un an ou deux:
“ouais, je mixe au Rosie jeudi ouais”
“Je mixe dans un rade mercredi dans le 10è, essaie de passer”
“j’arrive plus tard dans la soirée, je mixe dans un anniv à Pont de Suresnes… ouais c’est loin ouais… mais je prends 250 balles putain”
Sauf qu’un DJ, ce n’est pas exactement ça.
Dans les 80’s/90’s, un DJ, c’était le mec que tu voyais derrière des platines vinyles, qui faisait du scratch, qui passait sa journée à faire ça, et qui galérait pour caler ses sons sur le même tempo.
Bah aujourd’hui, votre ami Bomeur appuie sur un bouton “SYNC” qui se trouve sur sa table de mixage. Sync pour synchroniser. C’est moche. Enfin surtout moche pour le mec qui a galérer dans sa chambre pendant 10 ans avant de s’autoriser à mixer en soirée.
Parce que le Bomeur, lui, il en a rien à foutre, il ne se pose pas de questions, on accepte qu’il passe des sons, bah il passe des sons. Le respect de la musique et tout, il s’en balek.
Le Bomeur, il prend les bons plans partout où ils se trouvent.
Et celui-ci, c’est un putain de bon plan :
- il balance du son. Donc il est DJ. Donc il est cool. Donc c’est bien
- ça arrondit ses fins de mois et il se met une caisse gratos puisque le bar lui offre les consos
- c’est pas très compliqué à faire, deux trois Shazam par soirée quand il entend un son cool à repasser dans sa future soirée
- et puis dans n’importe quel bar branchouille de paris, il y a des “DJ” qui n’en sont pas, donc ça fait pas mal de boulot.
C’est un secteur en plein essor le bar branchouille qui prend un mec avec de la barbe pour faire DJ. Pôle Emploi devrait proposer des formations “tabledemixagea200balles”.
Enchaînements foireux, qualité du MP3 merdique. Les temps changent.
Du coup, un terme a fait son apparition : “Track Selector”, parce que bon, faut pas déconner non plus, t’es pas DJ, t’es pas DJ, c’est tout. Sois déjà content d’avoir un autre mot avec une consonance sympa pour dire ce que tu fais.
Donc Track Selector, ça veut dire que le mec a une culture musicale qui fait de lui un mec cool, mais qu’il avoue ne pas être vraiment DJ. Première prise de conscience. CLAP CLAP.
En gros, tous les mecs qui appuyaient sur Play dans les boums des 90’s et qui faisaient un effet sonore en baissant puis montant puis baissant puis montant le son des enceintes peuvent aujourd’hui être considérés comme Track Selector.
Le Bomeur joue quelques titres pas trop connus en début de soirée pour la hype credibility, puis lâche du lest en milieu/fin de soirée.
“Mais quoi, ça va, les gens ils adorent Banana Split, c’est tout, c’est pas de ma faute”.
Track Selector on vous a dit…
TweeterAprès Allo Pizza, Allo Glaçons, Allo Apéro, le Bomeur est une sorte de Allo TempsMort.
“Oui bonjour, je vous appelle pour une livraison, j’ai un temps mort de 37 min entre mes deux rdv client, pouvez-vous m’envoyer un ami s’il vous plait ?”
“Bien évidemment Monsieur, je vais juste reprendre votre numéro de téléphone ainsi que votre adresse s’il vous plaît, et je vous envoie votre ami Bomeur dans les 15min”
D’ailleurs, grâce à son scooter, le Bomeur s’auto-livre dans tout Paris.
Une vieille Vespa ou un scoot tout flingué”nonmaisjmenbatslescouillesilestmocheettoutmaisjlaipayé600balles” font l’affaire.
Ce qui lui permet de sauter sur n’importe quelle occasion de sortir, de voir du monde. En fait, grâce à son “scoot”, le Bomeur reste à l’affût et peut enchaîner un maximum de “rdv” dans l’après midi, en fonction des temps morts de chacun, pour remplir son temps libre à lui.
Allo Temps Mort fait d’ailleurs régulièrement son auto-promo en parlant à chaque rdv de son temps de livraison défiant toute concurrence : “En scooter, ce qui est ouf c’est que tu sais que, où que tu ailles, t’y es en 15 minutes max quoi”
“Quoi l’hiver ? Quoi quand il pleut et tout ? Mais non, si t’as une jupe, et une bonne doudoune ça passe grave” (=”vas-y, me prends pas la tête, je serai toujours là si t’as 10min à m’offrir”)
Tweeter(Bah quoi, comme sur M6 en pleine journée, Le Bomeur a le droit de faire des rediffusions pour combler son manque d’inspiration…donc, rediffusion de l’article “Le Carrelage Metro” publié il y a 7 mois)
Pour savoir où il a le droit de s’asseoir en trouvant que l’endroit est cool, le bomeur fait attention à plusieurs détails :
1) Il regarde s’il y a du carrelage façon métro sur les murs qui donnent un effet bistrot ancien au lieu (alors que le truc est sur le faubourg saint denis et qu’il y a encore 2 mois, c’était un resto turc.)
2) Il scrute les luminaires pour bien vérifier qu’il ne s’agit que de simples ampoules suspendues à un fil (sans luminaire donc.)
3) Il analyse la répartition des différentes typologies de barbes présentes parmi les clients :
4) Il vérifie qu’il y a bien un flipper et une vieille arcade genre Pac Man pour lui rappeler sa jeunesse (alors que le bomeur a moins de 30 ans et que du coup, il n’a jamais fumé de clopes dans un PMU en séchant ses cours de philo pour aller jouer au flipper comme dans Péril Jeune. Il a encore moins connu PacMan puisque lorsqu’il était ado, il jouait déjà à WipeOut sur PlayStation 1. Il s’agit ici d’un cas typique de “mémoire collective faussée” qui t’oblige à croire que t’as vécu un truc plus jeune que tu n’as en fait pas du tout vécu. Mais si, ce truc qui permet aux meufs de moins de 30 ans de te dire “putain mais moi, j’adoraiiiiiiis L’île aux enfants, je connais le générique par coeur ! Voici venuuu, le teeeemps… Ouais ouais, stop, non sérieux stop, tu ne CONNAIS pas L’île Aux Enfants… d’ailleurs, tu n’as JAMAIS VU l’île aux enfants” Bah ouais, faut leur dire et leur répéter à toutes ces meufs qu’elles n’ont pu voir Casimir que dans Les Enfants de la Télé puisque la dernière diffusion sur une chaîne hertzienne de cette émission pour gosses, c’est sur TF1 en 1982, et que “vutajoliepeaubienfraichemabelle,t’esmaximumnéeen86” et que par contre, “vutadégaine,tun’avaispasencoreCanal J enBretagneen1995”)
http://fr.wikipedia.org/wiki/L’%C3%8Ele_aux_enfants
5) Il regarde la programmation des prochaines soirées prévues dans le lieu. S’il y voit écrit “Elegangz”, “Kitsuné”, “EdBanger”, “Trust the Buzz”, “Rdv10h00”, … c’est bon, il peut revenir des chiottes en disant à ses potes “putain, franchement ils ont une bonne programmation”. (ouais parce que le bomeur, même s’il est au chômage, il a encore des contacts issus du réseau de son boulot cool d’avant chômage qui organisent des teufs coolos, et qui croient encore pouvoir le mettre dans la partie “influenceurs” quand ils éditent leur guest list.)
N.B.: le bomeur est sûrement déjà allé dans une de ces soirées, mais le seul DJ dont il connait le nom, c’est Pedro Winter, et encore, il n’est pas bien sûr de savoir à quoi il ressemble ce mec.
6) il vérifie ce que l’on appelle les “assises” (en gros, l’endroit sur lequel tu poses tes fesses). Si c’est inconfortable, qu’il s’agit d’une vieille chaise en bois du style de celle que j’avais dans ma cuisine en 1992 avec notre table en faux marbre et que mes parents ont décidé de jeter en 98 en se disant que “là, vraiment, c’est trop démodé”, alors c’est bon, le bomeur reste assis (il faut bien évidemment que le mobilier soit dépareillé, avec un touche de Tolix)
7) il sort sa carte de métro de paris pour savoir si ce nouveau bar est bien dans un coin pourri “ah c’est bon, c’est faubourg saint denis/gare de l’est/belleville/Barbes, c’est cool, j’aime bien moi, franchement c’est cool” (t’as dis deux fois “cool”)
Voilà voilà chers entrepreneurs, en choppant un ou deux de ces 7 éléments, vous deviendrez le prochain Mansart/SansSoucis/Linconnu/LaPerle/LaFidélité…

J’ai jamai su, te dire je t’aimeuuuuuu.”
Ouais, vous emballez pas, c’est juste que c’est la journée de la gentillesse.
Donc merci de faire un geste.

Quand on a un vrai travail, on peut s’esquiver d’un rdv/d’un dejeuner/etc grâce à une technique assez simple :
Le fameux : “Bon,allé,ciaotoutlemonde,fautqjyaaille”.
Le “faut” amenant les personnes qui vous entourent à croire que vous avez des obligations, que vous n’avez pas trop envie d’en parler, mais que vous avez un TRUC à faire, que ça ne vous enchante pas, mais que vraiment, vous DEVEZ partir.
Du coup, personne n’enchaîne.
Cette stratégie marche pour tout le monde…sauf pour Le Bomeur.
-Bomeur : “Bon allé, jme casse, faut que j’y aille”
-Personne quelconque qui mime la surprise avec ses sourcils : “Bah t’as quoi à faire ?”
Tweeter“je dois avancer sur …”
“faut que je me mette à …”
“je dois caler un rdv avec …”
- “Hey au fait, t’en es où sur … ?”
- “Ah ça…ouais.. ouais ouais… faut que j’m’y mette là”
Le Bomeur ne va jamais au bout des choses.
Toujours un début de bonne idée, un truc coolos qu’il peut présenter à ses potes pour se donner de la consistance, mais qui finalement ne mène à rien. Si vous avez un ami Bomeur, faîtes une liste de tous les projets sur lesquels il devait se lancer.
En un an, il a normalement eu 243 projets putain de merde. Un toutes les 2 semaines + 217 en soirée un peu bourré. “Non mais là…là… sérieux là… ça putain… c’est une bonne idée tu vois, je vais lancer la mode de.. la mode des chaussures de bowling à la mode tu vois, c’est sûr que ça marche ça…tous les connards de parisien là, ils vont kiffer je suis sûr”
Aucun de ces projets ne voit le jour.
Normal. Sa seule façon d’avancer, c’est d’avoir la pression du dernier moment.
Un peu comme lorsqu’il devait remettre son mémoire de fin d’année le 12 juin et qu’il s’y mettait le 9 alors que toutes les meufs consciencieuses (recherche google pour l’orthographe, trop de s et de c bordel) de sa fac étaient dessus depuis 1 mois et qu’elles n’avaient plus qu’à le faire relier chez CopyTop.
Pour repérer les futurs Bomeurs encore étudiants, rdv à la Poste du Louvre. La seule Poste ouverte 24/24, celle qui vous permet d’avoir le cachetdelapostefaisantfois le plus tard possible.
Dans sa vie professionnelle, le Bomeur avait toujours une date-butoir (et ouais, pas de e), à la limite, il pouvait décaler un rdv client de temps en temps
Sauf que maintenant, il n’y a aucun dernier moment. Une sorte d’agenda à pages blanches. Pas de début d’année, pas de fin d’année, pas de boss, pas de collègues. Rien.
Le Bomeur doit se prendre en main. Tout seul. Si le réveil sonne et que le Bomeur est fatigué, il n’a aucune obligation le forçant à se lever. Si le Bomeur ne trouve pas le nom de la boîte qu’il veut monter, cela peut prendre 4 mois.
En gros, si le Bomeur veut se chier, il se chie.
Et il ne pourra en vouloir à personne.
P.S. :
“Faut que je trouve un titre pour ce billet…”
……………………………………….
“Au fait, t’as trouvé un titre ?”
“Ah ça…ouais.. ouais ouais… faut que j’m’y mette là”
TweeterLe 3000ème fan Facebook qui est arrivé aujourd’hui sur www.facebook.com/bomeur gagne un séjour de 4 jours, du Lundi au Jeudi dans LA ville des Bomeurs*.
Apparemement à Saint Bomer, les bus ne commencent leur tournée qu’à 11h26 et les restos servent jusqu’à 16h.
*Sous réserve d’une participation au jeu-concours qui n’en est pas un du 18 septembre 2012 au 19 septembre 2012 de 04h02 à 5h54 sachant qu’à l’époque il n’y avait que 214 fans. En gros t’es ken. Mais merci d’être le 3000ème. Règlement du jeu-concours déposé chez Me Najdar
